Débit de la Romanche

Le graphique ci-dessous représente le débit de la Romanche au Pont Rouge. Données : Vigicrues.

Débit de la Romanche

Station : Vizille (Pont Rouge)

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Source : Vigicrues

Débit de la Dordogne

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Temps de travail : du droit au repos à la semaine de quatre jours

Des congés payés de 1936 aux expérimentations actuelles, la réduction du temps de travail traverse l’histoire sociale française. Entre semaine réellement raccourcie et journées plus longues, la question divise les candidats à la présidentielle.

Par Loris Chair

Publié il y a 2 mois

Travailler quatre jours et en garder trois pour soi : la promesse semble taillée pour l’époque du télétravail et de la recherche d’un meilleur équilibre de vie. Pourtant, cet horizon s’inscrit dans une histoire ancienne, celle de la conquête du temps libre. La semaine de quatre jours constitue l’un des derniers épisodes de l’histoire des débats sociaux.

Des 48 heures hebdomadaires aux premiers congés payés

En juin 1936, la réduction du temps de travail devient une conquête sociale majeure. Dans son discours de politique générale du 6 juin, Léon Blum, alors président du conseil, présente les mesures du gouvernement du Front populaire et cite « la semaine de quarante heures, les contrats collectifs, les congés payés ».

Cela fait 90 ans que la réduction du temps de travail est débattue.

Deux semaines plus tard, les lois sociales sont adoptées. La durée légale est ramenée à 40 heures et quinze jours de congés payés sont accordés aux salariés. À l’époque, la réforme rompt avec une organisation du travail fondée sur la semaine de 48 heures, répartie sur six jours. Les congés payés ne constituent pas seulement un nouveau droit social : ils font évoluer l’idée qu’ont les politiques publiques sur la question du temps libre.

Le mouvement se poursuit quelques décennies plus tard avec le retour de la gauche au pouvoir. En 1982, le gouvernement de Pierre Mauroy réduit la durée légale de 40 à 39 heures et instaure une cinquième semaine de congés payés. Jean Auroux, alors ministre du Travail, résumera plus tard la mesure par une formule : « 39 heures payées 40 ».

Au tournant des années 2000, les lois Aubry installent les 35 heures comme nouvelle référence. Martine Aubry défend alors la réduction du temps de travail comme « un moyen offensif de créer des emplois ». Elle y voit aussi « le meilleur moyen de concilier vie professionnelle et vie familiale ».

La réforme n’est toutefois pas conçue comme une règle identique pour toutes les entreprises. Ses modalités sont définies par la négociation. Cette logique se retrouve dans le débat actuel : réduire le temps de travail suppose de discuter des salaires, des horaires, des objectifs et de la continuité de l’activité.

Travailler quatre jours : une expérimentation récente

Aujourd’hui, à l’approche d’une élection majeure, la semaine de quatre jours apparaît dans un contexte marqué par la fatigue professionnelle, les difficultés de recrutement et la recherche d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Le télétravail, développé depuis la crise sanitaire, a, lui aussi, également modifié le rapport aux horaires et au lieu de travail.

Mais l’expression recouvre deux organisations différentes. La semaine de quatre jours réduit réellement le temps de travail, souvent de 35 à 32 heures, avec un salaire maintenu. C’est le modèle souvent résumé par la formule « 100-80-100 » : 100 % du salaire, 80 % du temps de travail et 100 % des objectifs.

La semaine en quatre jours, elle, conserve les 35 heures. Le salarié travaille alors environ huit heures quarante-cinq par jour, hors pauses, sur quatre journées. Il bénéficie d’un jour libre, mais ne travaille pas moins.

En France, le dispositif reste encore minoritaire. En 2023, environ 300 accords portant sur la semaine de quatre jours avaient été recensés sur Légifrance, pour environ, seulement, 10 000 salariés concernés.

Une étude scientifique

Les expérimentations étrangères ont néanmoins contribué au débat. Au Royaume-Uni, 61 entreprises et près de 2 900 salariés ont participé à un test de six mois en 2022. À son issue, 56 entreprises ont choisi de poursuivre l’expérience, dont 18 de manière permanente. Selon l’Université de Cambridge, 71 % des salariés ont déclaré une baisse du risque de burn-out et les départs ont diminué de 57 %.

Ces résultats doivent toutefois être nuancés. Les entreprises ne représentent pas tous les secteurs. Dans les hôpitaux, les transports, la restauration, le commerce, l’aide à domicile ou les services publics, l’activité ne peut pas s’arrêter le vendredi.

Les candidats face à cette proposition

À l’approche de la présidentielle de 2027, la semaine de quatre jours fait apparaître plusieurs visions du travail.

Jean-Luc Mélenchon défend le passage immédiat aux 32 heures pour les métiers pénibles ou de nuit, avec une extension par la négociation collective. Le programme de La France insoumise prévoit aussi de favoriser le passage à la semaine de 4 jours par la négociation collective. Raphaël Glucksmann est quant à lui plutôt favorable à un maintien des 35 heures.

Marine Le Pen et le RN ne défendent pas une réduction générale du temps de travail à quatre jours. La candidate était, en 2017, plutôt favorable à des négociations par branche, pouvant mener à 39 plutôt qu’à 32 heures.

Marine Le Pen et le RN ne défendent pas une réduction générale du temps de travail à quatre jours. La candidate était, en 2017, plutôt favorable à des négociations par branche, pouvant mener à 39 plutôt qu’à 32 heures.

Édouard Philippe défend une orientation inverse de celle de la semaine courte. En juin 2025, le président d’Horizons déclarait vouloir faire travailler les Français « plus longtemps dans la semaine, plus longtemps dans l’année et plus longtemps dans la vie ». Une position partagée par ses concurrents à droite, Bruno Retailleau et David Lisnard.

La campagne oppose ainsi plusieurs modèles : faut-il travailler moins, travailler autrement ou travailler davantage ?

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