Un verre de vin, une équipe de télévision, des questions politiques, des propos racistes, et même un godemichet : Loris, 21 ans, raconte l’entretien d’embauche le plus surréaliste de sa vie.
En décembre 2025, Loris, 21 ans, cherche une alternance en communication et journalisme. Passionné de voitures, il tombe sur une offre pour travailler dans un garage à La Boisse, dans l’Ain. Après un premier échange rapide avec le patron au téléphone, il se rend sur place, mais l’entretien prend une drôle de tournure…
1 h 30 après son arrivée
À l’arrivée de Loris, l’ambiance est plutôt bonne, mais l’entretien ne commence pas vraiment comme prévu : « Je n’ai pas eu de visite des lieux et je découvre notamment qu’une équipe de télévision est présente dans le garage pour tourner une émission autour du démontage et du remontage de moteurs. Je n’ai même pas eu de vrai entretien dans un bureau ».
Intéressé par le tournage, au lieu de repartir après quelques dizaines de minutes, il reste finalement toute la journée. C’est 1 h 30 après son arrivée qu’il a senti que quelque chose n’allait pas.

« Je n’aime pas les noirs et les Arabes.»
Il raconte : « J’étais en train d’échanger avec le patron, celui-ci lui propose un verre de vin. Je suis surpris, mais j’accepte. » La conversation dérive vers les salariés du garage. Puis, le patron lâche une phrase qu’il n’oubliera pas : « Je n’aime pas les noirs et les Arabes. »

Le jeune candidat ne sait pas quoi répondre : “je suis surpris, mais surtout frappé par la façon dont il montre son racisme”. Le patron ne s’arrête pourtant pas là. Lui et l’un des mécaniciens demandent ensuite à Loris pour qui il vote. Une question à laquelle le jeune homme choisit de ne pas répondre. Pour lui, le malaise est désormais installé

Puis un godemichet devient… Un micro
Comme si la journée n’était pas déjà suffisamment étrange, une autre scène surviendrait pendant une pause du tournage. Un des mécaniciens sort un godemichet et le jette avec des gants plein d’huile moteur. Le patron le récupère ensuite et le place sous le menton de Loris comme s’il s’agissait d’un micro et lui demande, sous le ton de l’humour, ce qu’il pense de sa journée.
Loris est gêné par la scène qui se déroule alors qu’il est toujours officiellement candidat pour une alternance dans cette entreprise (même si le patron lui avait fait comprendre qu’il souhaitait le recruter).
« Je te prends toi. »
Avant son départ, le patron explique à Loris qu’il veut le prendre, lui, plutôt que son ami Melvin, qui avait aussi postulé. La raison donnée par le patron concerne notamment les origines arabes de ce dernier. Loris comprend alors qu’il pourrait effectivement obtenir l’alternance.
Mais il ne veut désormais plus de ce poste. Il refuse de poursuivre le processus de recrutement. Il prévient également son école, sa famille et ses amis de ce qui s’est passés.

« J’ai perdu mon temps. »
Avec le recul, Loris ne décrit pas cette journée comme une expérience traumatisante. Il estime surtout avoir perdu du temps : il avait effectué environ 1 h 30 de trajet aller-retour depuis chez lui, en Haute-Savoie, pour se rendre à cet entretien. Il ne pense pas non plus qu’il aurait forcément su réagir différemment sur le moment : « Je resterais toujours aussi stoïque et choqué, mais si je savais à l’avance ce qui m’attendait ? Je n’irai tout simplement pas. » Explique-t-il.
Son expérience lui laisse surtout une conviction : « Je pense que ce qui doit alerter un jeune, c’est le comportement du patron et des salariés pendant l’entretien : les questions posées par exemple, si elles ont lieu d’être ou non. Surtout, il ne faut pas choisir une entreprise juste pour avoir un contrat. Il faut partager les mêmes idées et manières de faire.»


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