Débit de la Romanche

Le graphique ci-dessous représente le débit de la Romanche au Pont Rouge. Données : Vigicrues.

Débit de la Romanche

Station : Vizille (Pont Rouge)

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Source : Vigicrues

Débit de la Dordogne

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Chief Happiness Officer : le métier qui veut réconcilier bien-être et performance en entreprise

Depuis quelques années, certaines entreprises ont fait de la question du bonheur un véritable enjeu managérial. Petits-déjeuners d’équipe, événements collectifs, attentions personnalisées : derrière ces initiatives constituant un levier de performance se cache une profession encore méconnue.

Par Ronan Marchand

Publié il y a 2 mois

Bien souvent réduite au cliché du babyfoot en entreprise, la profession de “responsable du bonheur” ne se résume pas qu’à organiser des moments de convivialité. Elle permet d’améliorer considérablement le bien-être de ses salariés. Une mission que Chloé Lucchitta exerce depuis bientôt cinq ans en parallèle de son activité de chargée de recrutement.

“Beaucoup me considèrent comme la « maman » de l’entreprise”

Faire en sorte que les collaborateurs se sentent comme chez eux, c’est la mission que s’est donnée Chloé Lucchitta, Chief Happiness Officer dans un cabinet de recrutement à Lyon. “On passe plus de temps au travail que chez soi, il est donc nécessaire d’y créer un environnement sympa”, estime celle qui endosse cette casquette depuis bientôt 5 ans. Chloé est chargée d’améliorer la qualité de vie au travail de ses collaborateurs, avec une prise en compte accrue de leur bien-être au sein de l’entreprise.

Chaque lundi, cette “responsable du bonheur” s’occupe de commander des viennoiseries, des fruits et des chocolats pour le traditionnel petit déjeuner d’équipe du début de semaine. Elle veille d’ailleurs à sélectionner les produits préférés de ses collègues. Des petites attentions personnalisées comme celle-ci, elle en réalise toute l’année : cadeaux d’anniversaires ou de naissances, mots d’encouragements à la rentrée, suivi des allergies alimentaires.

L’une de ses installations phares, c’est un mur de décoration où chacun est amené à ajouter sa touche personnelle. Mais parfois, les actions qu’elle peut mettre en place se jouent hors de ces murs. Soirées barbecue, séminaires, restaurant de fin d’année : tant d’activités extérieures et répétées qui ont fait des convaincus dans ce cabinet où le taux de départ est faible, un indicateur qui témoigne d’une certaine stabilité des équipes.

C’est aussi vers elle qu’on vient se confier en cas de problème. Chloé se place en médiatrice entre les employés et la direction, que cela concerne les frustrations sur le rythme de travail ou la rémunération.


L’avènement d’un happiness management en réponse au mal-être des employés

S’il est devenu primordial de se pencher sur le bien-être des travailleurs, c’est parce que les manifestations du mal-être au travail se font de plus en plus nombreuses. En 2023, le cabinet Empreinte Humaine a publié un baromètre OpinionWay estimant le nombre d’actifs français présentant un risque d’épuisement sévère à 2,5 millions. La même année, Ignition Program dévoile que 40% des salariés en France déclarent être en souffrance ou soumis à un stress élevé au travail.

Dans leur “Manifeste pour sortir du mal-être au travail”, Vincent de Gaulejac et Antoine Mercier analysent plusieurs facteurs susceptibles d’alimenter ce phénomène. Étant devenu de plus en plus courant, ce sentiment peut être causé par des exigences de performance, de productivité et de rentabilité qui pèsent lourdement sur les employés. Des performances qui sont, dans certains cas, contrôlées, quantifiées et enregistrées. Les travailleurs doivent atteindre un objectif journalier et sont parfois chronométrés. Les infirmières, par exemple, ont un temps précis à ne pas dépasser avec les patients qui sont, eux -mêmes, classés et définis par leur type de soin. C’est dans ce contexte de réflexion sur les conditions de travail que des fonctions liées au bien-être des salariés se sont développées.

Une profession qui ne date pas d’hier

L ’une des principales idées reçues sur le métier de Chief Happiness Officer, outre le traditionnel baby foot, c’est de penser qu’il est relativement récent. Or, la profession est loin d’être aussi nouvelle qu’on pourrait le penser. Dès les années 2000, elle pointe le bout de son nez dans la célèbre Silicon Valley.

Chade-Meng Tan, alors ingénieur chez Google, s’est vu confier le soin du bien-être des équipes. Il devient alors “Jolly Good Fellow” (joyeux camarade), chargé de développer la motivation de ses collègues en les rendant heureux de venir travailler.

Depuis, le concept s’est exporté à l’international, notamment en France dans les années 2010, suite aux nombreuses études montrant qu’un employé heureux est plus impliqué, et donc plus productif.

Le bonheur au service de la performance

Plusieurs travaux ont cherché à mesurer l’impact de la pensée positive sur la performance au travail. L ’un d’entre eux est bien connu, et il a été conduit par le MIT et Harvard. Selon cette étude, un salarié heureux au travail serait 31% plus productif, 9 fois plus loyal et 55% plus créatif. À l’inverse, une étude de 2014 menée par l’Université de Warwick montre qu’un climat de travail dégradé nuit à l’engagement des salariés et finit par affecter les résultats. Ainsi, d’un point de vue économique, une entreprise aurait tout intérêt à cultiver le bonheur de ses employés.

Chloé Lucchitta estime que ces “nouveaux” métiers peuvent faire la différence : “si les gens se sentent bien en entreprise, alors ils produisent mieux. L’happiness management est un investissement immatériel, certes, mais il se traduit en des résultats matériels”. Dans son cabinet lyonnais, le taux de turnover, soit le renouvellement des effectifs, est faible.

Une réussite qui repose aussi sur l’implication de la direction : pour que ces démarches portent leurs fruits, encore faut -il qu’elles soient soutenues par la hiérarchie et qu’un budget leur soit alloué. “Il faut une direction qui soit humaine et qui consacre un budget au bonheur de ses employés car ça peut tout changer”, continue cette responsable du bonheur lyonnaise.

Interrogé en 2022 par Sciences Po, Patrick Légeron, psychiatre et spécialiste du stress au travail, déclare : “Si les entreprises n’ont pas obligation à rendre leurs salariés heureux, elles semblent en tout cas avoir tout intérêt à le faire !”.

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